Recruter un opticien, un audioprothésiste ou un préparateur en pharmacie engage juridiquement votre entreprise dès la rédaction de l’annonce. En 2026, le Code du travail liste 26 motifs interdits de discrimination, applicables à chaque étape du processus de sélection.
Pour un dirigeant ou un DRH du secteur santé, ignorer ces critères expose à des sanctions pénales, civiles et à un risque réputationnel sérieux. En pratique, sécuriser ses recrutements devient un enjeu stratégique de conformité et de marque employeur.
Les 26 critères de non-discrimination à connaître
L’article L1132-1 du Code du travail, consolidé au Journal officiel, énumère précisément les motifs interdits. Ainsi, un employeur ne peut écarter un candidat en raison de son origine, son sexe, ses mœurs, son orientation sexuelle ou son identité de genre.
Par ailleurs, sont également protégés : l’âge, la situation de famille, la grossesse, les caractéristiques génétiques, la particulière vulnérabilité économique, l’appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation ou une prétendue race. En outre, les opinions politiques, activités syndicales, convictions religieuses, apparence physique, nom de famille et lieu de résidence figurent dans la liste.
Notamment, l’état de santé, la perte d’autonomie, le handicap, la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français, la domiciliation bancaire complètent le dispositif. Enfin, la qualité de lanceur d’alerte et l’exercice d’un mandat électif local ferment la liste des 26 motifs prohibés.
Concrètement, ces critères de non-discrimination s’appliquent à l’embauche, la rémunération, la formation et la rupture du contrat.
Sécuriser chaque étape du processus de recrutement
Premièrement, l’annonce doit décrire le poste, non le profil personnel. En effet, mentionner « jeune diplômé dynamique » constitue une discrimination indirecte fondée sur l’âge, sanctionnée par le juge.
Ensuite, le tri des candidatures ne peut s’appuyer sur la photo, le nom ou l’adresse. Par conséquent, de nombreux cabinets d’audioprothèse et pharmacies d’officine adoptent le CV anonymisé ou le scoring de compétences pour objectiver la présélection.
En entretien, les questions doivent porter exclusivement sur les aptitudes professionnelles. Ainsi, interroger une candidate opticienne sur ses projets de maternité expose l’employeur à une action prud’homale et pénale. Le service-public.fr rappelle cette règle sans ambiguïté.
Par ailleurs, la traçabilité des décisions constitue votre meilleure protection. En pratique, conservez les grilles d’évaluation, les motifs objectifs de refus et les échanges pendant cinq ans minimum.
Sanctions, contrôles et bénéfices d’une politique conforme
Les sanctions atteignent trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour la personne physique, 225 000 euros pour la personne morale. En outre, la charge de la preuve est aménagée : le candidat présente des éléments de fait, l’employeur doit démontrer une décision étrangère à toute discrimination.
Cependant, au-delà du risque, une politique conforme génère des bénéfices tangibles. Notamment, les études de la DARES montrent qu’une diversification des profils élargit le vivier de recrutement, un atout précieux dans un secteur en tension comme l’optique ou l’audioprothèse.
Par conséquent, formez vos managers recruteurs. Concrètement, une demi-journée annuelle sur les biais cognitifs et le cadre légal réduit significativement les erreurs d’entretien. France Travail propose des ressources gratuites via son portail employeur.
Enfin, communiquez sur votre démarche. En effet, une charte diversité affichée et respectée renforce votre attractivité auprès des jeunes diplômés, particulièrement sensibles à ces engagements en 2026.
Ce qu’il faut retenir
- Le Code du travail liste 26 critères de non-discrimination applicables à tout recrutement.
- L’annonce, le tri des CV et l’entretien doivent porter uniquement sur les compétences.
- La charge de la preuve est aménagée en faveur du candidat qui s’estime discriminé.
- Les sanctions atteignent 225 000 euros d’amende pour l’entreprise et trois ans de prison.
- Former les recruteurs et tracer les décisions protègent juridiquement et renforcent la marque employeur.





