En 2026, le marché de l’emploi reste tendu dans l’optique, l’audioprothèse et la pharmacie. Les professionnels qualifiés disposent d’un vrai pouvoir de négociation, mais beaucoup hésitent encore à franchir le pas.
Pourtant, demander une augmentation n’est ni un caprice, ni un aveu d’insatisfaction. C’est un acte professionnel structurant, qui s’appuie sur des données, un calendrier et une méthode. Voici comment aborder cette démarche avec sérénité.
Pourquoi demander une augmentation maintenant ?
Le contexte économique de 2026 reste marqué par une inflation cumulée significative depuis 2022. En effet, le SMIC a été revalorisé plusieurs fois, ce qui a comprimé les écarts salariaux dans les grilles conventionnelles. De nombreux professionnels diplômés se retrouvent à peine au-dessus des minima.
Par ailleurs, la pénurie de candidats persiste. Notamment dans l’audioprothèse, où les délais de recrutement dépassent souvent six mois selon les données publiées par la DARES. Cette tension joue en faveur des salariés en poste.
Concrètement, votre employeur a tout intérêt à vous fidéliser. Le coût d’un recrutement raté, intégrant la formation et la perte de chiffre d’affaires, dépasse largement une revalorisation annuelle raisonnable.
Ainsi, attendre l’entretien annuel imposé par l’employeur n’est plus la seule option. Une demande argumentée, formulée au bon moment, a toutes les chances d’aboutir.
Préparer son dossier avant l’entretien
Premièrement, objectivez votre contribution. Listez vos résultats chiffrés : panier moyen, taux de transformation, fidélisation patientèle, montages complexes réalisés, formations suivies. Ces éléments factuels pèsent plus qu’un sentiment d’ancienneté.
Ensuite, comparez votre rémunération au marché. Les conventions collectives nationales sont consultables sur Légifrance, notamment l’IDCC 1431 pour l’optique-lunetterie et l’IDCC 1996 pour les pharmacies d’officine. Vérifiez votre coefficient et le minimum conventionnel associé.
En outre, intégrez les évolutions de votre poste depuis votre dernière revalorisation. Avez-vous pris la responsabilité du tiers payant, formé un apprenti, géré les commandes fournisseurs ? Chaque mission additionnelle justifie une renégociation.
Enfin, fixez-vous une fourchette réaliste. Une demande entre 4 et 8 pour cent reste généralement défendable. Au-delà, préparez des contreparties solides ou un projet d’évolution de fonction.
Choisir le bon moment pour demander une augmentation
Le timing conditionne souvent la réponse. Par conséquent, identifiez les périodes favorables dans votre entreprise. La clôture comptable, la fin du second trimestre ou l’après-rentrée constituent souvent des fenêtres propices à la demande d’augmentation.
Cependant, évitez les moments de tension : juste après une démission dans l’équipe, en pleine inspection URSSAF ou lors d’une baisse d’activité saisonnière. Les règles relatives au bulletin de paie et aux revalorisations sont rappelées sur le BOSS.
En pratique, sollicitez un rendez-vous formel, distinct de l’entretien annuel d’évaluation. Annoncez clairement l’objet. Cela évite l’effet de surprise et permet à votre employeur de préparer une réponse réfléchie.
Notamment, anticipez un éventuel refus. Demandez alors un calendrier de revoyure, des objectifs mesurables, ou une revalorisation en nature : prise en charge de formation diplômante, jours de repos supplémentaires, prime de partage de la valeur. Les dispositifs sont détaillés sur service-public.fr.
Ce qu’il faut retenir
- Le contexte 2026 reste favorable aux salariés qualifiés du secteur santé visuelle et auditive.
- Une demande d’augmentation se prépare avec des chiffres, pas avec des émotions.
- La convention collective et le coefficient constituent la base de toute négociation.
- Le moment choisi pèse autant que les arguments avancés.
- Un refus n’est pas une fin : négociez une revoyure ou des contreparties.
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