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Debout toute la journée « parce que ça fait sérieux » : légal ou pas ?

Vous êtes opticien ou préparateur en officine, et votre employeur exige que vous restiez debout toute la journée, même lorsque le magasin est vide. Le motif avancé ? Cela ferait « plus sérieux » vis-à-vis de la clientèle.

En pratique, cette consigne soulève une vraie question juridique. Le Code du travail encadre la posture au poste et la station debout imposée ne relève pas du simple pouvoir de direction.

Station debout imposée : ce que dit vraiment le Code du travail

L’article R4225-5 du Code du travail est clair. Lorsque l’exécution du travail est compatible avec la position assise, des sièges doivent être mis à disposition des salariés.

Concrètement, en magasin d’optique comme en officine, l’accueil ponctuel d’un client n’impose pas une station debout permanente. Entre deux passages, la lecture d’ordonnances, la saisie informatique, la gestion des commandes ou le suivi tiers payant s’effectuent parfaitement assis.

Par ailleurs, l’employeur a une obligation générale de sécurité (article L4121-1). Ainsi, il doit prévenir les risques liés aux postures prolongées, notamment les troubles musculo-squelettiques documentés par l’Assurance Maladie.

En revanche, l’argument commercial du « sérieux » ne figure dans aucun texte. Il ne peut donc pas justifier, à lui seul, le retrait des sièges.

Pouvoir de direction de l’employeur : où s’arrête-t-il ?

L’employeur fixe l’organisation du travail. Cependant, ce pouvoir trouve ses limites dans la santé et la sécurité des salariés, principes rappelés par Légifrance.

En effet, imposer une station debout permanente sans justification opérationnelle peut constituer un manquement. La jurisprudence sociale considère qu’une consigne contraire à la réglementation hygiène-sécurité est inopposable au salarié.

Notamment, l’employeur ne peut pas sanctionner un collaborateur qui s’assoit entre deux clients si aucun siège n’a été mis à disposition. La faute reviendrait alors à l’employeur lui-même.

Par conséquent, la consigne « rester debout pour faire sérieux » n’a pas de base légale solide. Elle relève d’un choix managérial, pas d’une obligation que vous devez accepter sans discussion.

Que faire face à une station debout imposée sans justification ?

Premièrement, documentez la situation. Notez les horaires, l’absence de siège, les éventuelles douleurs ressenties et signalez-les au médecin du travail lors de la prochaine visite.

Ensuite, sollicitez par écrit votre employeur. Demandez la mise à disposition de sièges conformément à l’article R4225-5. Un mail clair, factuel, vaut mieux qu’une discussion orale oubliée.

Par ailleurs, le CSE, s’il existe, peut être saisi. En outre, l’inspection du travail, joignable via service-public.fr, intervient en cas de manquement aux règles d’hygiène et de sécurité.

Enfin, si des douleurs apparaissent, consultez. Une déclaration en maladie professionnelle reste possible pour les pathologies liées aux postures prolongées, selon les tableaux de la CNAM.

Ce qu’il faut retenir

  • L’article R4225-5 du Code du travail impose des sièges quand le poste le permet.
  • Accueil client et station debout permanente ne sont pas synonymes en optique ou officine.
  • L’argument du « sérieux commercial » n’a aucune valeur juridique en soi.
  • Documentez, écrivez, sollicitez le médecin du travail puis le CSE ou l’inspection.
  • Les troubles musculo-squelettiques liés à la posture peuvent être reconnus en maladie professionnelle.

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